Cherie Litso, conceptrice de circuits imprimés : diplômée en génie électrique et maître-instructeur CID

 

Warner : Cherie, pouvez-vous nous parler de vous et de votre carrière en tant que conceptrice ?

 

Litson : J'ai débuté en 1971 en tant que stagiaire-dessinatrice (sur le site d'essais nucléaires du Nevada), puis j'ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin pour devenir dessinatrice mécanique et électrique. J'ai eu la chance de côtoyer de près des concepteurs qui ont créé des composants électroniques complexes. Leur savoir-faire m'a fasciné et je les ai observés à la tâche pour créer ces incroyables routages. À cet instant, je me suis dit : « Moi aussi, je serai capable d'en faire autant un jour ». Peu après, j'ai réalisé que je devais me former davantage en électronique. Je suis donc retournée sur les bancs de l'école pour devenir ingénieur en électrique/électronique. Même après cela, je me suis rendu compte que je n'étais pas suffisamment formée à la conception pour le secteur manufacturier ! Je me suis alors rapprochée de l'IPC pour mieux comprendre les problèmes rencontrés par les fabricants. Cette expérience m'a transformé et m'a donné une compréhension globale des facteurs mécaniques, électriques et manufacturiers à prendre en compte pour bien concevoir des circuits imprimés.

J'ai obtenu mon CID en 2006 et mon CID + en 2008. En 2015, je suis devenu maître-instructeur de l'IPC et tout mon savoir m'a été transmis par deux géants de l'industrie : Gary Ferrari et Dieter Bergman.

Dieter était exigeant, et au début, je ne l'aimais pas. Puis, nous avons fini par devenir de bons amis. J'ai fini par comprendre son engouement pour cette industrie et sa passion pour la conception de circuits imprimés. Gary était super, car il s'assurait que j'avais bien compris l'impact que la conception a sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. À l'époque, il y avait des écoles spécialisées dans la conception de circuits imprimés.

J'ai eu deux autres mentors importants : Glen Wells, qui est décédé, et Marie Sugden qui est maintenant à la retraite. Marie a une aptitude spéciale pour expliquer simplement des concepts complexes. J'ai essayé d'imiter cette qualité de Marie depuis.

Il n'existe pas de parcours bien défini pour devenir concepteur de circuits imprimés, et la plupart des gens semblent suivre le même parcours que le mien.

 

Warner : Avec le recul, quels ont été les premiers indices qui vous ont indiqué que vous alliez devenir conceptrice ?

 

Litson : Quand j'étais petite, j'étais très bonne pour résoudre des puzzles, j'adorais l'art et construire des choses, comme des abris ou des tipis avec mes frères. J'essayais toujours de créer de meilleures constructions que mes frères et surtout de meilleures structures. J'adorais aussi jouer avec des jeux de construction comme les Lincoln Logs.

Je suis allée à l'école primaire dans les années 50, et dans le secondaire dans les années 60. À cette époque, les opportunités de carrière pour les femmes n'étaient pas très nombreuses. La société avait beaucoup d'a priori sur le type de carrière qu'une femme pouvait mener. J'ai passé un test d'aptitude qui a conclu que je devais devenir hygiéniste dentaire (rires). Ma famille pensait que je ferais une bonne secrétaire. J'ai donc pris des cours de sténo/dactylo que je détestais au plus haut point ! Aucun rapport avec l'ingénierie !!

 

Warner : Pensez-vous que les femmes ingénieures et conceptrices d'aujourd'hui ont des avantages et des défis uniques pour exercer ce métier ?

 

Litson : Plus trop de nos jours. Quand j'étais plus jeune, il était difficile de se faire entendre dans les réunions ou d'être prise au sérieux. Puis, un changement est survenu sous l'impulsion de l'IPC qui a poussé les concepteurs à obtenir des certifications CID et CID+. Maintenant, tous les concepteurs certifiés jouissent d'une meilleure reconnaissance et d'un grand respect. La certification est la preuve que vous possédez des connaissances en la matière et témoigne de votre expertise. La formation CID a commencé à se généraliser vers la fin des années 90.

Les hommes et les femmes sont différents. Ils ne sont ni bons ni mauvais, juste différents, surtout dans la façon dont nous réagissons aux différents stimuli. J'adore le golf. Je suis membre de l'EWGA (Executive Women’s Golf Association). Ce qu'il se passe sur le terrain de golf nous aide à appréhender ce qu'il se passe dans une salle du conseil d'administration. Il est très utile d'identifier ses différences dans le monde des affaires ! En général, les femmes ont tendance à être sociables, ambitieuses et très conscientes de la façon dont elles influencent les autres. Les femmes s'épanouissent dans un environnement motivant. Les hommes, eux, ont tendance à s'épanouir quand on les taquine, quand on les pousse dans leurs retranchements ou quand on les remet en question ouvertement. Ils veulent qu'on leur donne cette impulsion et ils en ont besoin. Les hommes ont tendance à entrer dans une zone de confort quand leur environnement est trop encourageant.

Lorsque les femmes font l'objet de taquineries ou lorsqu'elles sont poussées dans leurs retranchements, elles perçoivent souvent cela comme une attaque et peuvent le prendre personnellement. Comment pouvez-vous améliorer vos compétences métier ? En écoutant, en apprenant et en passant à l'action. Le terrain de golf met en lumière comment les femmes abordent la vie, les jeux et les affaires ! Une partie de golf se termine toujours par des rencontres autour d'un verre par exemple : c'est ce qui m'a permis de créer des contacts essentiels pour mon entreprise. Notre club organise également des séminaires et des formations tout au long de l'année.

 

 

Warner : Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui envisage de se lancer dans une carrière dans la conception de circuits imprimés ?

 

Litson : Avoir un bon mentor peut être un plus. Une personne en laquelle vous pouvez avoir confiance et que vous pouvez appeler à tout moment pour lui poser des questions. Vous devez aussi, de toute évidence, suivre une bonne formation ! Soyez toujours prêts à apprendre de nouvelles choses. Notre industrie et la technologie qu'elle utilise sont en perpétuelle évolution et il y a toujours quelque chose à apprendre !

 

About the Author

Judy Warner

Judy Warner has held a unique variety of roles in the electronics industry since 1984. She has a deep background in PCB Manufacturing, RF and Microwave PCBs and Contract Manufacturing with a focus on Mil/Aero applications in technical sales and marketing. She has been a blogger, writer, contributor and journalist for several industry publications such as Microwave Journal, The PCB Magazine, The PCB Design Magazine, PDCF&A and IEEE Microwave Magazine and is an active member of multiple IPC Designers Council chapters. In March 2017, Warner became the Director of Community Engagement for Altium and was immediately tasked with the launch of Altium’s monthly On Track Newsletter. She was also instrumental in launching AltiumLive 2017: Annual PCB Design Summit in San Diego and Munich, a newly founded annual Altium User Conference. Her passion is providing resources, supporting and advocating for PCB Designers around the world and acting as brand ambassador for Altium.

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